♦️Ma tribune du jour
« La Constitution, rien que la Constitution, mais toute la Constitution… 🤔 »
Drôle de principe que cette démocratie qui multiplie les pouvoirs et les contre-pouvoirs, sans vraiment s’arrêter un instant sur ce qui fonde les principes mêmes de la République.
L’élection présidentielle est le point culminant de notre démocratie. C’est celui, ou celle, qui est élu qui doit porter les choix politiques que le peuple, dans sa majorité, aura décidés, même à une voix près.
Vous aurez tous remarqué (comme moi) que c’est la seule élection, dans ce pays, où ne restent que deux candidats en lice au second tour. Le principe majoritaire s’impose donc pleinement dans cette élection, contrairement à d’autres scrutins qui permettent des triangulaires, voire des quadrangulaires, et où le principe majoritaire peut finir par disparaître.
Revenons à l’élection du Président de la République, qui fonde le choix politique de la Nation puisqu’il est décidé par les Français. Eh bien, cela ne suffit pas. Car sans majorité à l’Assemblée nationale, le Président ne peut pas mettre en œuvre sa politique, malgré le choix exprimé par les Français.
Le Président doit alors s’en remettre, non plus seulement au nombre de voix obtenues et à la majorité présidentielle recherchée, mais à des élections législatives où le jeu des chaises musicales devient parfois plus stratégique que la recherche d’élus ayant obtenu une véritable majorité des voix dans chaque circonscription.
Ce même Président, élu avec une majorité absolue, peut donc se retrouver soit avec une majorité en sièges, mais pas forcément en voix, soit avec une majorité relative, soit encore face à une opposition qui, sans être passée par le vote suprême de la présidentielle, prétendrait imposer une politique opposée, sans même disposer elle-même d’une majorité claire de voix.
Alors, bien sûr, le Président de la République peut choisir de nommer un Premier ministre en fonction de la majorité qui se dégage. Mais ce Premier ministre, nommé et non élu par le peuple à cette fonction, dispose ensuite de son propre pouvoir et peut imposer une politique différente de celle que les Français ont choisie en élisant le Président de la République.
Il est tout de même étonnant d’entendre d’anciens Premiers ministres revendiquer les bons résultats de la politique menée lorsqu’ils étaient « aux affaires », s’en attribuer les mérites, puis demander en chœur la démission du Chef de l’État, alors qu’ils n’étaient à ce poste que pour conduire la politique décidée par le peuple, et non leurs propres ambitions politiques pour lesquelles ils n’ont jamais reçu de mandat présidentiel.
À les écouter, le « moi, je » revient toujours. Ils s’attribuent les résultats positifs, mais jamais les résultats négatifs. Ce qui réussit, c’est grâce à eux. Ce qui échoue, c’est toujours la faute de celui qui a été élu et qui se trouve au-dessus d’eux.
Pire encore : tout ce qui va mal serait de la responsabilité du Président. La dette ? Ce n’est pas eux, c’est le Président. La fiscalité ? Ce n’est pas eux, c’est le Président. L’immigration ? Ce n’est pas eux, c’est le Président. L’insécurité ? Ce n’est pas eux, c’est le Président. Le dérèglement climatique ? Ce n’est pas eux, c’est le Président.
Mais alors, pour quelle raison tiennent-ils absolument à devenir Président de la République, puisqu’ils seront eux-mêmes amenés à nommer un Premier ministre qui finira peut-être par s’attribuer les mérites et accuser celui qui l’a nommé d’incompétence ?
Ne serait-il pas temps que des constitutionnalistes se penchent enfin sur une Constitution permettant à un Président, qui aujourd’hui n’a même pas la liberté de se représenter devant le peuple, de disposer, en conséquence directe de son élection, d’une majorité absolue lui permettant de mettre en œuvre la politique que les Français ont choisie ? 🤔
#TAEM un jour,
#TAEM toujours