On confond souvent citoyenneté et appartenance. Un passeport se signe en un jour. Un esprit national se forge en plusieurs générations.
Parler la langue, comprendre les codes sociaux, savoir s'exprimer, ça c'est de l'intégration. Mais l'esprit d'un pays, ce n'est pas uniquement ça. C'est une mémoire commune, des luttes partagées, des blessures et des victoires transmises depuis des générations. C'est un vécu, pas un statut administratif.
Alors quand quelqu'un obtient sa citoyenneté après quelques années à peine et veut déjà orienter, juger ou diriger la vie politique du pays qui l'a accueilli, c'est légitime de s'interroger. Ce n'est pas une question de mérite individuel, c'est une question de temps, on ne rattrape pas en quelques années ce qui s'est construit sur des siècles.
Être citoyen sur le papier, c'est une chose. Porter dans ses veines l'histoire et l'âme d'un peuple, c'en est une autre. Le respect de cette différence, ce n'est pas de l'exclusion, c'est de l'humilité.
Parlons-en.